J’avais envie de parler de la candidature de Sarah Palin à la vice-présidence avec un bébé aux besoins spécifiques et une adolescente enceinte à la maison, mais je craignais que cela ne soit trop controversé. C’est un peu la question “les mères qui travaillent peuvent-elles être de bonnes mères ?” sur des stéroïdes, et bien que je pense que c’est une discussion digne d’un blog comme celui-ci, j’ai eu un peu peur de la direction que cette discussion pourrait prendre.

Mais NPR a fait un reportage sur ce sujet, ce matin même. Je l’ai écouté en allant au travail. Vous peut écouter l’histoire ici.

OK. Commençons par les avertissements : j’ai toujours été un Obama Mama et le choix de Sarah Palin comme colistière par le sénateur McCain n’a rien fait pour renforcer ou affaiblir ma détermination. Je suis en fait heureuse de voir une femme dans la course, et si Palin était sur le ticket démocrate, je serais toujours prête à discuter.

Maintenant, pour en venir au sujet qui nous occupe…

Comme mon titre l’indique, je suis déchirée. Je ne veux pas dénigrer les autres mamans ou essayer de limiter ce qu’elles peuvent faire, parce que j’ai l’impression que c’est une pente très, très glissante. Mais j’ai l’impression qu’il y a une grande différence entre un travail qui vous permet d’être avec votre famille le soir et le week-end et une candidature à la vice-présidence, qui exige que vous soyez sur le terrain 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. J’ai également l’impression qu’il est inutile de comparer Palin à Hillary Clinton et à d’autres femmes politiques de cet acabit, car si je me souviens bien, leurs enfants n’avaient plus de couches (et n’étaient pas en crise) lorsqu’elles ont assumé un rôle aussi important et chronophage. J’ai aussi l’impression que le poste de vice-présidente entre dans la catégorie “il serait bon d’avoir” et non “il faut avoir”. De nombreuses mères qui travaillent le font parce qu’elles en ont absolument besoin pour nourrir leurs enfants. Je ne pense pas que les Palin iront à l’aide sociale si Mme Palin ne gagne pas en novembre.

Et puis, je dois me demander si je me poserais les mêmes questions si nous parlions d’un homme. À une époque où les hommes sont (ou devraient être) plus à même de demander des congés familiaux à leur employeur et de contribuer autant que lui à l’éducation de leurs enfants, j’aime à penser qu’un nombre décent d’hommes, s’ils sont confrontés à un nourrisson ayant des besoins spéciaux et à une adolescente enceinte en même temps, pourraient demander à leur patron un peu plus de flexibilité pour s’occuper de leur famille. Ou, au moins, se demander si ce nouveau poste de responsabilité, qui les éloignerait de leur famille à un moment aussi critique, est absolument nécessaire. Je pense que nous sommes tous conscients, hommes et femmes, que la vie est une question d’équilibre et de concessions, et que parfois, lorsque les gens vous offrent quelque chose de vraiment énorme, vous devez dire non parce que quelque chose d’encore plus grand est en jeu. Ce qui, je suppose, est une façon détournée de dire que je me demanderais probablement *surtout* la même chose à propos d’un homme. Ou du moins, j’aspire à vivre dans un monde où nous pouvons regarder les hommes – tout comme les femmes – et nous poser ces questions.

Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas. Je ne vais pas voter pour McCain/Palin, mais ce n’est pas à cause d’une quelconque opinion que je pourrais avoir sur l’engagement de Palin envers sa famille. C’est juste que sa candidature a mis ce sujet sous les feux de la rampe et que toute la question des valeurs familiales va forcément devenir un sujet de discussion cette année, comme c’est toujours le cas au moment des élections. Je suis vraiment curieuse de savoir ce que pensent les autres mères qui travaillent, toute politique mise à part. Parlez-en, mesdames !

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